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Home Dressez vos esgourdes Country/Folk COMUS - Song to Comus 71-74 - 2005

COMUS - Song to Comus 71-74 - 2005

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Cette chronique parue dans Crossroads, d'un enthousiasme patent, contraste avec l'éreintement insensé d'un certain Ungemuth dans Rock & Folk. Je profite de cette tribune pour dire combien cette critique était à mon sens un pur et simple détritus.

comuscover1Après les rééditions des premiers album d'Edgar Winter (Entrance, voir critique # 35) et de Barry Ryan (Sing Paul Ryan, voir critique # 36), chef-d'œuvres jusque là tombés dans l'oubli, celle-ci montre que 2005 aura été au moins une bonne année sur ce plan car c'est bien encore un disque absolument unique et incomparable que vous aurez dans les mains si vous succombez à l'argumentation enthousiaste de ces quelques lignes. Déjà, avertir que si ce double CD compile les deux albums parus sous le nom de Comus (le dieu orgiaque) + quelques singles, le second n'avait plus grand chose à voir avec le groupe originel si ce n'est l'un de ses deux leaders, Roger Wootton qui d'ailleurs le désavoue (à tort à mon avis). Revenons donc à First Utterance, un OMNI (M pour musical) tombé dans le Landerneau journalistique de ce mois de février 71 comme un poil de bouvier des Pyrénées dans la soupe électrique du moment.

En effet, comment décrire la chose, voilà la question que s'est posée la presse et qu'à défaut de comusFUrésoudre, elle a évité en éreintant ce disque. Ce n'est pourtant pas impossible. Disons que ce qui frappe tout d'abord, c'est la voix de Roger Wootton, quelque part entre un Bolan sataniste et un Chapman antechristique. Ca bêle donc sec. Comme Comus est un groupe acoustique, on pense parfois à un mélange entre le Tyranosaurus Rex de Unicorn et le Family d'Anyway mais dans un registre beaucoup plus hystérique et habité (au sens médiéval du terme). Wootton n'est pas seul, il est secondé par une chanteuse à la voix d'ange (on dit contre-alto je crois), Bobbie Watson, assez proche de celle de Celia Humphries (les Trees), qui pourrait atténuer l'aspect pandémonium de la chose si paradoxalement, elle n'en accentuait encore plus la dimension inquiétante. Car cet album a été désigné par certains exégètes des seventies comme l'album le plus terrifiant jamais enregistré de cette époque, égalé seulement par Pawn Hearts (VDGG), ce qui n'est pas rien.

comus1Comment cela est-il possible avec seulement des guitares acoustiques, un violon (qui fait que l'on pense aussi parfois au superbe second album de String Driven Thing, The Machine That Cried), une contrebasse et des tamla-congas et autres peaux tendues ? Et bien d'abord avec des textes ( )  aux thèmes assez dérangeants, par exemple sur des sacrifices sexuels à faire pâlir les ligues de vertu et ravir les amateurs de serial killers ("Your body at peace even the earth will fill the crack where entered my blade" dans "Drip Drip", "Comus rape, Comus break sweet young virgin's virtue take / Naked flesh flowing hair her terror screams they cut the air" dans "Song To Comus"), sur la pendaison d'un chrétien décrite avec un certain sens du détail (dans "The Bite"), sans oublier la monologue d'un schizophrène tout droit sorti de Maître et Marguerite ("The Prisoner") tout cela macabre et cruel au possible et une liberté absolue dans l'expérimentation qui fait que chaque seconde vous guette une surprise.

Il y a juste une pièce contemplative, et très belle ("The Herald") qui détonne dans cet enfer. Aveccomus2 un tel répertoire et un accueil critique aussi négatif, la carrière du groupe tourna rapidement au vinaigre, malgré l'admiration initiale de Bowie qui ne fit hélas pas pour eux ce qu'il fit pour Lou Reed, Iggy Pop et Mott The Hoople une fois sa gloire assurée, mais le challenge pour en faire des poulains de l'écurie De Fries était il est vrai autrement plus compliqué. A ce propos, il est intéressant de savoir que Comus a commencé non pas en reprenant le répertoire folk traditionnel mais principalement le Velvet Underground, ce qui en fait un cas complètement à part dans le paysage folk de l'époque. Il lui en reste un goût pour les atmosphères délabrées et malsaines. De tournées impécuniaires en concerts infructueux, les deux leaders commencèrent à perdre patience, leur belle amitié s'usant au point de finir en inimitié. 

comuscover2En 1972, ils jetaient l'éponge sanguinolente. Deux ans plus tard, pour des raisons obscures, Virgin, dopé par les ventes de Tubular Bells demande à Wootton de reformer Comus pour un album chez eux, mais comme avec Beefheart, le résultat ne sera pas à la hauteur des espérances. Wootton admet que souhaitant travailler dans la musique, il tenta de sonner plus pop. Musicalement, cet album est assez proche de l'Amon Düül de Vive La Trance, par exemple sur "Figure In Your Dreams", et on y entend des harmoniques à la Beach Boys fort réussies. Il y a même quelques petites merveilles telles "Tough Down" et surtout "Children Of The Universe" dont la sublime mélodie se vrille dans votre cortex pour ne plus en sortir. On ne peut pas passer sous silence qu'il y a dans "Get Yourself A Man" déjà tout Kate Bush et si le hasard me faisait rencontrer la madonne, je ne manquerais pas de lui demander s'il n'a pas exercé une chtiotte influence sur elle.

La magie de l'histoire des arts, c'est que cet album (First Utterance) dont l'échec fut d'anthologie, dont les auteurs disparurent de l'univers musical, exerce aujourd'hui une fascination et une influence que n'auront jamais certains groupes célébrissimes aux carrières pluri-décennales. La peinture connut cela avec Le Greco et Vermeer, le rock en a une sacrée brochette à son actif.

Pour l'anecdote, Opeth a beaucoup contribué à disséminer le culte Comussien. A vous d'en profiter.

First Utterance : 4 poin et demi / 5

To Keep From Crying : 3 poin / 5

Mis à jour ( Dimanche, 03 Août 2008 18:25 )  

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