Enfin de la blanche, de la pure, livrée chez moi par le dealer d'à ma zone. Attiré en farfouillant sur Gritz (magazine country folk blues rock) par un article sur la sortie d'un disque de Ralph Stanley (le mec à l'origine d'une grande partie de la B.O. de O"Brother) qui me redirige sur sa page myspace, je note parmi ses friends une bande de countreux qui parodient en photo le Ace of Spades des vénérables Motörhead (prenez votre souffle), je clique et je tombe sur Merle Jagger. Et là comme une midinette je suis tout émoustillé par les extraits que j'entends. Ni une ni deux je commande le disque (malgré la pochette qui, vous l'aurez noté comme moi, est d'une laideur repoussante).Malheureusement quand le disque arrive c'est une grosse déception. Ce que j'avais pris pour un astucieux mélange ironique de Stevie Ray Vaughan et de Benny Hill cuit à la sauce cowboy tourne très rapidement à vide. Je cite Stevie Ray Vaughan car le disque (instrumental, pas de voix) est un empillage de riffs joués souvent à la façon de. Mais en disant cela je commets malgré tout une grossière erreur, car c'est surtout le Hideaway de Freddie King qui fut le parrain de ces albums à riffs et dont le merle jagger ce veut l'écho countrysant, Stevie Ray Vaughan n'étant que le descendant musclé de cet illustre fondateur.
pour le Merle Jagger : 2 poin / 5 (de bonnes idées mais noyées dans un ramassi de musique pour fast food texans)
Freddie King, Hideaway 1961.
Tous les blancs becs qui firent notre joie à tous, Jimmy Page, Eric Clapton, Jeff Beck, sa Sainteté Monseigneur Johnny Winter, ou voir même Stevie Ray Vaughan et tous les autres, je cite ceux qui en écoutant le disque me viennent le plus rapidement à l'esprit ; donc tous ces blancs becs qui firent notre joie à tous vous le diront -diraient- des trois King (Albert, B.B., Freddie) le meilleur et le plus influent fut sans conteste Freddie. Son Hideaway, en 1961, 33 minutes et 12 titres instrumentaux, pose les bases de ce blues à riff, ce blues urbain (mon goût pour le blues rural se tourne plutôt vers LeadBeally), dont les gens dont j'ai parlé précédemment allait faire LA musique des années à venir. Tout est là, les premiers tubes de Clapton (hideaway, Claption produira d'ailleurs Freddie King sur sa fin de carrière), le Mary had a little lamb (just pickin) de SRVaughan, les classiques de son Excellence Johnny Winter (Sen-sa-shun, San-Ho-Zay, the Stumble), les ponts et enchainements dont Page inonda les prestations live du dirigeable, etc. C'est bluffant. Le Merle Jagger n'étant finalement que le dernier rejeton d'un hommage continu à cet abcédaire du riff.
5 poin / 5 ne serait-ce déjà que pour son rôle historique.
Freddie King, Getting Ready, 1971.
En 1969 Freddie King s'est entiché d'un producteur qui le fera participer au Texas Pop Festival et autres grandes manifestations aux côtés par exemple de Led Zeppelin (qui placeront ce soir surtout une explosive reprise de The Hunter, de l'autre King, Albert). Et jusqu'à la fin de sa carrière (il meurt subitement en 1976) il recevra les signes d'une reconnaissance amplement méritée. Cette sorte d'aboutissement se concrétise par la sortie en 1971 de Getting Ready, seconde face de cet artiste (la première étant donc bien sûr hideaway) ce disque est constitué de chansons célébrissimes du bonhomme (going down) ou d'autres tout aussi fameuses (dust my broom, key to the highway, walking by myself, etc.), et va jusqu'à inverser l'histoire en reprenant "Gimme some loving" du Spencer Davis Group. Moins aride que Hideaway pour le néophyte, il confirme l'immense rôle du grand Freddie.
4 poin / 5
Des extraits du Merle Jagger : http://www.merlejagger.com/music.htm
extrait : Sen-Sa-Shun , (hideaway, 1961)
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