Cathedral, rejeton du hard ténébreux de Black Sabbath et du hard-rock psychédélique de Hawkwind, est souvent qualifié de groupe de heavy-doom.
Plus sombre que Spiritual Beggars, plus varié que la plupart des combos de pur doom, plus lourd que ses cousins heavy-métal, moins caverneux que ses voisins death, plus métal que stoner : Cathedral, pour avoir une très forte personnalité, est en fait une rencontre de plusieurs genres.
The Garden of Unearthly Delights est un album de très bon niveau. Il reprend des éléments classiques, qui ont fait de The Ethereal Mirror ou de Carnival Bizarre des albums cultes (le sens de la mélodie allié à une ambiance macabre et oppressante, les histoires de chasse aux sorcières, les passages instrumentaux "space" et torturés, quelques riffs de guitare géniaux, la sublime pochette signée Dave Patchett, dans l’esprit des créatures de Jérôme Bosch…). Cathedral y ajoute quelques expériences inhabituelles, comme en témoignent les 27 minutes de The Garden. Jusqu’à s’autoriser des passages carrément folk ou l’interventions de chants d’enfants (pas plus rassurants, ceci dit, que la voix d’outre-tombe de Lee Dorrian). Le groupe anglais sait manier les ambiances et donner l’impression de vous enfoncer dans la boue à coups de rythmes lents et lourds, presque douloureux, avant de vous en ressortir sur un crescendo de guitare jouissif.
Saturée d’influences des années 1970, la musique de Cathedral n'est pas nostalgique pour autant (avec un mix aussi volumineux et pondéreux que clair, à faire passer une meute de zombie pour charmante compagnie) et, malgré ses ascendances revendiquées, reste profondément originale. Capable de faire froid dans le dos ou de vous projeter dans un trip étoilé.
Bien sûr, il faut accepter quelques passages un peu répétitifs (lancinants, préféreront dire certains) et aimer le glauque (gothiques déviants bienvenus). Cathedral apporte cependant avec The Garden of Unearthly Delights, à mon avis plus varié et inventif que son prédécesseur, VIIth Coming, une pierre aussi massive que noire à son édifice. Allant de paire avec une sortie chez le label Nuclear Blast, les 70 minutes de cet album mériteraient de sortir le groupe du statut de combo pour amateurs éclairés (à la bougie…).
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