Vous avez tous noté le tsunami
Electric Wizardien qui s'abat actuellement sur les côtes de poin poin (et, m'a-t-on dit, il n'est pas achevé). Celui-ci est en grande partie du aux rééditions 2006 que
Rise Above Records vient de lâcher sur le marché. L'intégrale Electric Wizard, remixée, avec sur chaque galette un ou deux inédits.
Je profite moi aussi des mois d'été à l'affluence réduite et de la torpeur ambiante pour disséminer de ci de là des chroniques hasardeuses. Celle-ci est la dernière et elle se borne à quelques notes prises sur le vif à l'écoute des inédits proposés sur ces magnifiques rééditions. Des concepts abscons, un style décousu, plutôt que faire un sodoku lisez donc les lignes qui suivent !
Electric Wizard, 1995.
deux inédits :
Illimitable nebulie (
instrumental ~5mn)
Du phasing et de la wah wah pour une intro finalement assez Sabbath (impression accentuée par la soudaine accélération du tempo). Le Wizard explore et cherche à nous entrainer avec lui mais la certitude qu'il s'agit plus d'une démo que d'un véritable titre est présente (notamment aussi beaucoup en raison du son), et les incessants changements de rythmes et de plans ne font que renforcer cette évidence. Dispensable.
Mourning Prayer Part 1 (
~5mn)
Là aussi le son est très garage, la voix très en retrait à peine audible. Titre heavy assez
old school qui me fait penser immédiatement à "Am I Evil", la reprise de
Diamond Head par
Metallica ou au
South Of Heaven de
Slayer... Des variations dans les riffs très Sabbath encore.
deux inédits :
Demon Lung, (Split avec Haunted Kingdom -futur Orange Goblin- ~6 mn )
Le premier single de Electric Wizard. Enormément de wah wah comme habituellement, un riff assez classique durant cette première partie qui lorgne peut-être beaucoup plus vers Orange Goblin que Electric Wizard justement. Vers le milieu du titre une évolution s'opère cependant qu'une lourdeur dans les bends guitares laisse plus apparaitre le futur Wizard, un pont à la basse survolé par les larsens relance le riff dans une lenteur plus doomesque (accompagné par la voix encore haute de Jus Oborn -comme je l'aime dans Come My Fanatics-). Tout cela sans aucun doute rappelle -encore, toujours ?- l'ombre du Sabbath.
Return of the son of nothingness (présent dans l'import japonais, ~6,30mn)
Du sabbath, encore. simple mais efficace.
un inédit :
Mind Transferral (~15mn)
Très ... Come my fanatics... avec des guitares fuzz qui cherchent à s'envoler. On retrouve les ambiances spatiales du précédent disque, sa basse particulièrement en avant qui mène la charge des éléphants et déclenche les grandes vagues telluriques.
Le titre dure en fait 10mn, s'arrête, laisse filer 4 mn de silence, puis s'éteint sur une discussion sur le satanisme et les adolescents, le symbole 666, etc... c'est une mise en garde (typiquement wasp) aux parents sur l'apparition de ce genre de symboles, de signes, de musiques toute droite sorties d'un film de série B des années 50... et qui finit par un rire sardonique. Hilarant.
Le titre, bon, demeure malgré tout un chouia trop brouillon.
Let Us Prey, 2002
un inédit :
Mother of serpents, (~6mn instrumental)
Ambiance moyen-orientale, voir égyptienne, presque dans le genre d'une B.O. pour une entame de concert car il s'agit d'un long fade in. A l'image de Let Us Prey, le titre demeure très psyché, ondulant, hypnotique, pour s'éteindre sur un long fade out. Il manque un quelque chose pour faire décoller le titre, mais il constituerait avec un peu plus de travail une très bonne ouverture de LP.
Deux inédits.
Tutti i colori del buio (~16mn, instrumental. disponible sur la version vinyl).
Très dopethrone. une lourdeur sans nom, simple. basique. Trois accords qu'il faut répéter à l'unisson, portés par un même esprit. 10 mn s'écoulent et la belle muraille instaurée par les musiciens se fendille. Larsen, fuzz, écho viennent craqueler le bel édifice (pas assez à mon goût). On aurait pu imaginer une fin beaucoup plus cataclymisque mais au contraire, comme un pied de nez celle-ci laisse découvrir dans ces dernières secondes quelques notes... d'accordéon.
The living dead at the Manchester morgue (~5mn)
Très classique. Comme globalement We Live, le titre est compact et puissant. Il donne une envie immédiate de headbanger. Le riff de la seconde guitare (wah wah), et un long break de batterie donnent un petit écho "old school", Motörhead n'est vraiment pas loin. Le titre est un peu long d'ailleurs, un traitement plus resserré lui aurait été bénéfique, 2/3mn auraient suffit. Il doit être particulièrement ravageur en live (vous pouvez placer ce dernier commentaire sur TOUS les titres du Wizard).