Imaginez la scène. Au fond d'un cachot sinistre, quelque part dans une tourelle pluricentenaire dont les pierres disjointes laissent suinter un jus noirâtre, dans une atmosphère vespérale fuligineuse et catacombale, des créatures se livrent au stupre le plus extrême et à des turpitudes macabres. De plantureuses femmes dépoitraillées ne portant pour tout vêtement qu'une fine culotte de cuir fouettent de priapiques chimères mâles, dont le corps est de forme humaine et la tête caprine. De leur gorge, sort un grognement terrifiant quand la lanière leur strie la chair, Jean Edouard sors de cette chronique s'il te plait.
C'est à peu près à cette aimable bacchanale (de bas canal ?) que renvoie la musique de Ramesses, trio né de l'euthanasie du sorcier électrique (Electric Wizard en anglais) version 1 (celui de Come My Fanatics, Dopethrone et Let Us Pray) dont le bassiste Tim Bagshaw prend ici possession de la guitare.
es, disons que ce 4 titres ne s'appelle pas The Tomb pour rien, évoquant une sorte d'Entombed (plutôt celui de Wolverine Blues) légèrement ralenti (seul caractère léger de l'affaire), et plus reptatoire que percutant. Bien sûr, tout cela ne fait guère avancer le genre (qui s'en fout d'ailleurs d'avancer, sa philosophie étant qu'on se dirige vers un précipice), comme la gentille partie fine décrite ci-dessus ne fait guère progresser les droits de l'Homme et encore moins ceux de la femme, ce qui n'empêcherait pas beaucoup d'entre vous (nous) de venir se joindre aux (ré)jouissances. On notera que l'EP précédent (Black Domina) était très différent, beaucoup plus seventies, et pour tout dire, bien meilleur.
3 poin et demi / 5
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