Depuis 2002 et "A Bustle in Your Hedgerow", le groupe de Phil Anselmo (ex Pantera entre autres) & Pepper Keenan (ex Corrosion of Conformity entre autres) c'était le néant. Ce side project n'avait pas visiblement de destin musical si ce n'est de laisser derrière lui deux albums dégoulinants de métal et de sueur.
Anselmo a du faire face à des problèmes physiques (plusieurs opérations du dos) une rébellion de la part de ses ex camarades de jeu de Pantera (furieux d'être laissés sur le bas côté de la route) ils lui ont collé une action en justice pour des histoires de droits, et des problèmes de drogues dont il ne pouvait se désenchaîner. Une fois la tête hors de l'eau c'était pour mieux replonger en apnée, avec l'assassinat sur scène de son pote Dimebag Darrell, ex guitariste de Pantera, tout juste précédé par le passage de Katrina, une "ouragante peu élégante" qui lui souffla sa maison de NOLA (New Orleans Louisiana). Alors voilà l’album de la colère & de la renaissance en même temps, après un long travail d'écriture et suivi d’un processus studieux à l'enregistrement confié au producteur de Down II Warren Riker.
Pour tout vous dire, la première chose qui m'a surpris dans cet album, c'est la voix de Philip. H .Anselmo ; elle a changé, très appliqué désormais, il éclabousse cet opus de son talent ; c’est indéniable et rien que pour cela « Over the Under » mérite le détour. Des intonations très proches de Ozzy font désormais partie de son registre. A l’image de « Three suns and one star » & « The Path » le son très épais, l’intro longue et d’entrée « Three suns & One Star » installe un riff épuisant sur lequel Anselmo va chercher des tonalités désespérées, jusqu’au break où tout change... Oui cet album est bourré jusqu'à la gueule de riffs gluants, de phrasés de guitares lourds, tortueux telles des plantes venimeuses de la mangrove; le décor est campé, « The Path », étouffant et malsain, nous sommes dans la chaleur et la moiteur du Sud.
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« N.O.D », « I Scream » et "Mourn" sont dans la veine de N.O.L.A ; les guitares y sont exclusivement dévolues à la fabrication d’une toile, d’un piège infernal, soutenues par une basse d'airain le tout dépourvu de soli lyriques ou d’envolées virevoltantes (c’est bien d’ailleurs que ces deux excités que sont Pepper Keenan et Kirk Windstein ne s’y engouffrent pas), du métal rien que du métal.
« On March the Saints » commence à desserrer l'étau, plus "aérée" (si je puis m'exprimer ainsi...) Jimmy Bower (ex Eyehategog) frappe tout ça de manière splendide, les deux fous furieux, eux, ont décidé de s"éloigner sur ce titre (l'un joue dans la chambre, l'autre au grenier) et Anselmo quant à lui, d'une voix chaude (oui chaude!), loue les efforts démesurés que certains habitants de la Nouvelle Orleans ont du déployer pour commencer la reconstruction. La surprise du chef vient du très bluesy "Never try" affublé d'un faux rythme et d'un break (de mon point de vue, absolument dispensable), de phrasés fuzzy plutôt rares chez Down, et d'une ligne mélodique soulignée par une guitare aigre douce du plus bel effet.
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Une des premières pépites de l'album porte le doux nom de "Beneath the Tides". Les guitares y écoulent leur fuzz et leur slide fielleux tandis que P.Anselmo tel un reptile noir, se glisse dans ces eaux sales... « you can’t come clean beneath the tides of the washout.. ». L'autre c’est sans conteste « Pillamyd » une rythmique DestructivKomando (Bower/Brown) sur une voix qui s’apparente à celle de D.Coverdale (Purple era) puis soudain en plein milieu c’est l’implosion, retour au Doom/Sludge, la basse frise la crise cardiaque et le duo Keenan/Windstein passe à l’attaque... Un final de killer.
De toute évidence ces musiciens ne sont pas tombés de la dernière rosée ; on évoquera (et les magazines spécialisés s’en sont donnés à cœur joie) Sabbath, Zep, Thin Lizzy ici ou là comme pour « In the Thrall of it All » ou même le Floyd pour « Nothing in Return » (8’56 s’il vous plait) qui conclut l’album, une mélodie empreinte de spiritualité, suspendue entre un piano-Hammond et une Strato décatie. Cet album affirme une exploration goulue pour des tonalités qui dérangent et pour un champ émotionnel chargé de la part de ce five-stars band. D’où qu’il vienne, ce terreau leur va bien, et l’adage qui veut que c’est dans le malheur que l’âme grandit est une nouvelle fois vérifié.
le making of: http://www.down-nola.com/philipblog4.htm
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