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Champignons Shitake accompagnés de Budgie

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 Champignons Shitake accompagnés de Budgie
 
24 champignons Shitake secs
Budgie, Never Turn Your Back To A Friend, 1973
8 cuillères à soupe de sucre glace
Budgie, In For The Kill, 1974
8 cuillère à soupe de sauce soja
4 cuillères à café de saké
4 cuillères à soupe de Mirin (vinaigre de riz japonais)
Budgie, Bandolier, 1975
1 litre d'eau chaude
2 cuillères à café de Dashi-No-Moto (poudre de poisson séché japonaise)
  
Placer le disque Never Turn Your Back To A Friend dans le lecteur, lancer le premier titre, Breadfan. Faîtes tremper les champignons dans l'eau chaude durant trente minutes.
 
Ceci vous laisse le temps d'écouter les trois quarts de l'album, probablement le meilleur de Budgie. Pendant que les champignons s'imbibent d'eau et reprennent toute leur forme dégageant ainsi un petit fumet, les titres défilent : Baby Please Don't Go, qui confondra n'importe quel fan de AC/DC tellement leur version l'année suivante (Jailbreak '74) s'inspirera directement de celle du trio gallois. You Know I'll Always Love You, une jolie ballade, et You're The Biggest Thing Since Powdered Milk : tu (la femme) es la plus belle des inventions depuis le lait en poudre...  dont l'attaque au refrain par Burke Shelley (basse & chant) évoque immédiatement le hard to handle de Otis Redding (mais cela s'arrête là). Budgie est un trio gallois mystérieusement oublié par la gloire et l'histoire des grands groupes de rock et de hard rock des années 70. Même si il fut légèrement remis en selle par deux reprises de Metallica à la fin des années 80 (Breadfan donc sur Never Turn... et Crash Course In Brain Surgery sur In For The Kill) ; les chercheurs et autres scientifiques s'interrogent toujours sur l'absence incompréhensible de ce groupe des hautes sphères de la célébrité. Boogie rock, funk rock, hard rock, du niveau d'un Aerosmith ou d'un Free, Budgie aurait pourtant mérité d'y accéder : ils ont probablement autant inspiré un Iron Maiden qu'un Queen, un AC/DC qu'un Metallica. Certains optent pour un ostracisme à l'encontre de "simples" gallois, leur rendant inaccessible une véritable renommée, d'autres pour un manque de chance. Pour ma part je dirais que deux choses leurs ont portés préjudice : leur son, un poil trop brut, trop live, mais surtout la longueur et l'enchainement d'un nombre incalculable d'idées dans une même chanson. La recette mise au point par Led Zeppelin en concert (ou d'autres, mais c'est à eux il me semble que revient la palme) : démarrer sur un titre, basculer sur un deuxième riff, s'égarer dans un troisième pour atterrir sur un quatrième, recette qui rend passionnante l'écoute des bootlegs du dirigeable, et tout aussi intéressante celle de la plupart des titres de Budgie, ne permet cependant pas une approche simple et directe du groupe, voire la mémorisation de l'intégralité d'un titre... Ceci demeure cependant une excuse fallacieuse, je n'arrive toujours pas à savoir comment Budgie a pu passer à la trappe de la reconnaissance (les mauvaises langues diront la tête de mouche de Burke Shelley...).
 

 Tandis que cette question vous taraude, et qu'à l'écoute de la simplicité et de l'efficacité du riff de In The Grip Of A Tyrefitter's Hand, ou de l'immédiatement mémorisable refrain de la magnifique Riding My Nightmare vous vous dites que vraiment ma dernière proposition est sotte et du coup vous sortez les champignons de l'eau.

C'est le moment où débute le titre phare de cet opus : parents. Magnifique chanson se voulant un hommage aux parents qui tous les soirs demandent à leurs enfants de bien se brosser les dents, de bien ranger leurs affaires, de bien laver leurs mains, enfants qui ne comprendront que bien plus tard que ce qui apparaissait alors comme une corvée n'était destiné qu'à leur bien. Sous des allures naïves avec de grands accords et des bends cristallins, ce titre fait mouche. 
 
 Dix minutes de plaisir pendant lesquelles vous tranchez les queues des champignons, les pressez, et les découpez en fine lamelles. Il se peut qu' envahi par le charme de la musique qui se dégage de vos enceintes vous perdiez un peu de temps, et que cette phase de découpage et de pressage se termine sur le premier titre du nouveau disque que vous aurez placé dans votre machine à secouer du popotin : In For The Kill. Bien vu ! le tranchants des riffs redonnera immédiatement de la vigueur à votre action.
 
Démarre alors sur les chapeaux de roues Crash Course in Brain Surgery (Cours accéléré de chirurgie du cerveau...) : vous vous munissez d'une passoire pour tamiser et récupérer 900ml de l'eau ayant servi pour le trempage des champignons. Vous ajoutez les 4 cuillères à café de saké et vous faîtes chauffer jusqu'à la fin de la chanson.
 
Wondering What Everyone Knows commence, un instant d'acalmie qui vous laisse : a) reprendre votre souffle, b) ajouter les 2 cuillères à café de Dashi-No-Moto (et si vous n'en avez pas ce n'est pas très grave, la recette peut s'en passer).

Arrive un gros morceau : Zoom Club et l'introduction du sucre glace (8 cuillères à soupe de sucre glace direct dans la casserole). L'odeur qui emplit la cuisine ne devrait que vous satisfaire, les sons qui sortent des enceintes vous faire frissonner. Attention dans un élan mal jaugé de ne pas plonger la tête dans la casserôle en headbangant sur Zoooooooo oooo ooooommm club. Never Turn Your Back To A Friend était le troisième album du trio, il faisait suite à deux bons opus mais présentait très clairement pour la première fois le groupe totalement libéré, totalement maitre de son travail, dans un mélange  de riffs tranchants et originaux, de ballades inspirées, et de grandes mélopées (parents). Sûrs désormais de leur fait, In For The Kill apparaît comme la façon la plus évidente d'enfoncer le clou : moins brillant, mais plus heavy, Budgie entend enfin (à cette époque) asseoir leur renommée qui va croissante depuis quelques temps. Arrive Hammer and Tongs que je zappe -autant le dire- car elle est un chouïa trop pompée sur Dazed & Confused (de qui vous savez). Next. Ce petit saut de haie me permet de finir avec Running from My Soul et Living on Your Own tout en remuant conciencieusement mes champignons désormais sucrés. Sur ces deux derniers titres se mêlent encore avec réussite ballade et riffs tonitruants, voire funky. Décidement la voix haut placée de Shelley me plaît, le patchwork de riffs produit par Bourges semblant sans fin. En fait vous pouvez déborder un peu sur le timing, l'important est de laisser mijoter pour que le niveau d'eau baisse (de moitié si possible).   

 Placer le disque Bandolier dans le lecteur, lancer le premier titre, Breaking All The Rules. Une des chansons les plus ...humm... percussives du groupe. La meilleure entrée en matière du combo. Attention, pensez au début du disque à ajouter la sauce soja (qui va donner une teinte marron à votre préparation : 8 cuillères à soupe de sauce soja), et là encore, laissez mijoter quelques minutes jusqu'à la fin du titre.

Le groupe ayant échoué à faire péter les barrières de la célébrité et ce malgré l'incontestable succès d'estime de In For The Kill (souvent considéré comme leur meilleur opus) il se tourne vers de nouvelles voies : un funk hard rock torride, pratiquement disco avec Who Do You Want For Your Love? ou I Can't See My Feelings. Mais attention toujours sur des fondations boogie rock bien solides. Le cocktail est détonant, torride :  vous ajoutez le Mirin (4 cuillères à soupe de Mirin) et montez le feu de façon à ce que le niveau d'eau baisse encore. En ondulant des hanches sur les breaks funk et disco du trio, vous remuez énergiquement les champignons en vous assurant qu'ils sont bien recouverts par l'eau qui reste.

Lorsque que débute I Ain't No Mountain, compact et entrainant à souhait (probablement pour cartonner sur les ondes) vous avez le sentiment d'avoir accompli votre tâche. Vous éteignez et égouttez les champignons. Vous attendez tranquillement qu'ils refroidissent en laissant filer le dernier titre de l'album, franchement heavy avec une longue intro : Napoleon Bona, Parts 1 & 2.
 


Pour finir, il faut savoir que de guerre las et ne connaissant pas un vrai succès, le groupe change de maison de disques et quitte MCA suite à Bandolier. Cela signe la fin de sa créativité. Puis, toujours faute de réussite, Tony Bourges (guitare) quittera le groupe quelques temps après. Tout n'est néamoins pas perdu, car les champignons Shitake présentés ici (à la mode japonaise : sucré/salé) accompagneront à merveille vos sushis.
 
 


 
Voilà, c'est une chronique assez vieille d'un groupe injustement méconnu, mais les champignons allaient passer de date.
 
 
5/5 Never Turn Your Back
4/5 In For The Kill
5/5 Bandolier 
 
 
 
 
liens :  
 
http://starling.rinet.ru/music/budgie.htm excellent description de la discographie de Budgie si vous lisez l'anglais.
 
http://www.budgie.uk.com/   le site officiel.


 
Mis à jour ( Vendredi, 09 Février 2007 13:44 )  

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