Les supporters les plus pointus du Fireball FC se perdent parfois dans la revue d’effectif du club. L'équipe se compose avant tout d' Edward Bouillon, guitariste et arrangeur et d'Alexis Kacimi, bassiste, compositeur, à l’occasion lead vocal, guitariste et saxo. Le duo se renforce des meilleures recrues de la pop lyonnaise. Pas de stars capricieuces, mais des batteurs légers et aériens, des organistes discrets aux sons seventies, des chanteuses douces qui ne nous hurlent pas dans les oreilles et qu’on devine jolies. Côté vestiaire, résonne des harmonies vocales, de la reverb et la certitude que l’âge d’or se situe entre 1966 et 1974. You’ll never walk alone, leur deuxième album envoie loin le ballon dans les tribunes.La pochette, art –work footballistique réussi, donne le ton. On les soupçonne de préférer l’ASSE d’Oswaldo Piazza et de l’Ange vert, à l’Olympique Lyonnais de Jean Michel Aulas. Fireball convoque pèle mêle sur le terrain, l’esprit de Mc Cartney, de Neil Young, du Velvet, de Pink Foyd, Bowie et de quelques autres contemporains. Ils ont le talent de les faire jouer harmonieusement ensemble selon une tactique bien à eux.
Dans ce match agréable à suivre de bout en bout, sans aucune faute de goût et où les joueurs allient classe et distinction, on applaudira particulièrement Stax, à la ligne de basse accrocheuse et nerveuse et qui se termine dans une envolée floydienne. On lancera quelques fumigènes pour saluer le superbe instrumental psyché Plastic Sound ainsi que son cousin Shout ! à l’ambiance plus éthérée et aux guitares acides. On se lève tous pour la holà et le surprenant et très beau Maggie Song, entamé façon " Blackbird " de Mc Cartney, interrompu par un rythme venu d’ailleurs,soutenu par un saxo étrange et qui se finit dans les brumes d’un sitar fin et délicat dialoguant avec un orgue subtil.
Comme en plus de leur savoir faire, ils savent aussi mouiller le maillot, ils nous offrent ici pas moins de 14 buts réussis dans toute la gamme. Club à petit budget, Fireball FC ne prétend pas rivaliser avec Liverpool et ses stars et ne gagnera probablement jamais la coupe d’Europe des clubs champions mais leurs dribbles chaloupés plaisent aux amoureux du beau jeu. C’est bien là l’essentiel.
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