Au petit jeu des ressemblances dont je suis assez souvent sujet, vous l'aurez peut-être remarqué ... en effet souvent un visage, une attitude, un sourire me font penser à quelqu'un d'autre ... A ce petit jeu des ressemblances disais-je, après les 10 premières secondes de "Brides of Neptune", c'est Tom Petty qui m'apparaît derrière le micro avec sa voix si particulière. Musicalement aussi on n'est pas loin du Petty moins mainstream des albums plus intimistes que sont Wildflowers ou The Last DJ. Dès lors on se dit que l'album va s'écouler nonchalemment sur des rivages bordés d'americana (la musique, pas la poinpoineuse) ...
Et bien pas du tout ! Alors que la plupart des gens aguichent d'entrée l'auditeur avec des titres forts et percutants, Cracker fait du contrepied avec son morceau le plus mou (ne voyez aucun caractère péjoratif dans ce terme). La suite est beaucoup plus rythmée sans que je sois réellement capable de vous définir le style exact. Il y a des racines folk, country, americana mais cela reste du rock, même très dur sur l'intro de "Guarded by Monkeys". Toutefois l'album dévie petit à petit et, dans les dernières plages, on frôle le rap, la jungle et la soul avec des titres comme "Shameless" ou "What You're Missing". "One Fine Day" semble quant à lui tout droit sorti de Live Rust tant le son de guitare souvent limite accordée rappelle le Loner.
Si vous prenez un peu de Jayhawks, Soul Asylum, Grant Lee Buffalo, des mélodies à la Tom Petty et REM, une dose de grunge pour l'énergie, quelques soupçons de soul, que vous brassez tout cela, vous aurez alors peut-être une idée de ce que fait Cracker : un cocktail que je trouve détonnant. On pourrait bien sûr penser à un infâme melting-pot, voire un beau bordel sans queue ni tête, mais malgré tout cet album possède une unité propre dûe autant à l'orgue vintage de Kenny Margolis qui tisse le son, à ces choeurs féminins omniprésents, à l'emploi d'instruments plus traditionnels (violon, violoncelle, accordéon), qu'à des mélodies imparables. En ce sens Cracker est presque "pop" : chaque chanson serait un hit en puissance avec une bonne promo dans un monde meilleur, les refrains de David Lowery (de Camper Van Beethoven) et Johnny Hickman (les 2 guitaristes et mentors du groupe) vous rentrent dans la tête pour ne plus en sortir.
Mais voilà, nous sommes dans un monde pire ... et on se demande finalement si ce n'est pas mieux ainsi, partagé entre le sentiment d'injustice devant si peu de reconnaissance et celui plus vaniteux d'avoir découvert une liqueur rare que peu de gens sauront partager et apprécier ...
En tout cas plus j'écoute ce disque et plus je comprends pourquoi il reste sur mon étagère des 2 ou 300 "indispensables", toujours à portée d'oreilles, en ces temps de pénurie de place où je dois ranger tout le reste de mes cd dans des meubles avec des pochettes plastiques spécialement achetées pour l'occasion en remplacement des boîtiers trop épais.
A ce propos ... et comme il n'y a pas de rubrique "Petites Annonces" (zepab qu'est ce que tu fous bon sang ?) je cède à bas prix un lot d'au moins 3000 boîtiers cd !![]()
"Cracker", bêle un ..."Cracker", bêle un fan ravi !
ENTRACTE (vous pouvez fumer ... dehors !) :
Avant d'entâmer cette chronique ou même de constituer mon top 100 j'ai longtemps hésité entre Forever ci-dessus et Hello, Cleveland ! – Live from the Metro ci-dessous. Et bien figurez-vous que la vie est quand même super bien foutue parce que depuis le temps que j'ai ces 2 cd séparément, je viens d'apprendre en préparant la chronique du premier que ce live n'en était en fait à l'origine uniquement qu'un bonus cd des premières éditions ! Dingue, non ? Je n'ai même plus à choisir entre les 2 et on ne me disait rien !
Le label français Naïve a eu la riche idée en 2002 de ressortir ce concert séparément. Malheureusement aujourd'hui, celui-ci pas plus que Forever ne semblent continuer de faire partie du catalogue, il faut se contenter de Price Minister sur lequel il circule à des prix ridicules !
On y trouve 11 titres, sans aucun doublon avec l'album studio ce qui est assez logique car ce concert remonte au 20 novembre 1999. Et comme je connais désormais l'historique de ce cd je comprends mieux aussi pourquoi sur la piste cd-rom figurent 4 clips vidéo : "Guarded by Monkeys", "Forever", "Merry Christmas Emily" et "Shine", tous sortis de Forever.
Globalement l'ambiance est plus rock, plus brute. On pense beaucoup moins, voire plus du tout, à Tom Petty. Il faut dire qu'il n'y a aucune retouche, aucun travail superflu en studio étant donné que ce show fut diffusé tel quel sur la radio 93WXRT. Le côté "country" est beaucoup plus visible avec "Lonesome Johnny Blues" tandis que "Crackersoul" rappelle un peu le REM des débuts. "Low" (leur tube) tire beaucoup plus vers le grunge, une sorte de "Smells Like Teen Spirit" electro-acoustique.
Après 10 titres puisés dans leurs 4 albums existants à l'époque, le cd se termine par une étonnante reprise de "Pictures of Matchstick Men", un vieux, très vieux morceau de Status Quo, bien avant qu'ils ne trouvent leur voie dans le boogie-rock et les accords barrés qui vous filent des crampes aux doigts ! Je n'ai qu'un vague souvenir de la version originale mais le traitement qu'en fait Cracker intègre totalement ce titre comme une suite logique à leur répertoire.
J'ai offert ce cd récemment à un ami qui ne connaissait pas et il a adoré ... mais nos goûts se rejoignent en bien des points (blues, hard, prog, jazz, rock 70's, grunge, americana ...), ceci explique cela. Pas sûr que le résultat soit le même ici ...
Par contre si quelqu'un pouvait m'expliquer pourquoi ce titre Hello, Cleveland ! – Live From The Metro, car ce "Metro" est à ... Chicago !
Pour conclure, c'est un peu bête, en préparant ce texte je me disais justement que c'était peut-être bien un groupe pour notre damoiselle ... or c'est pile-poil le moment qu'elle choisit pour disparaître de notre petite communauté (temporairement ?). Et puis à vrai dire ce jeu du "t'aimes ça donc t'aimera ça" ou pire "t'aimes ça donc t'aimeras pas ça" a le don de m'exaspérer au plus haut point tant cela me donne le sentiment de tirer des conclusions à l'emporte-pièce sur la personnalité des gens et de les cataloguer ... donc si ça se trouve je pense à tort et elle n'aime(rait) peut-être pas du tout.
Cracker on the web est ici
Leur myspace mais sans extrait de ces 2 albums : là
Les 4 clips dont je vous parle plus haut sont sur youtube :
Guarded by Monkeys
Merry Christmas Emily
Forever
Shine
+
Low (dont la version live est sur Hello Cleveland)
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