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STEELY DAN - Pretzel Logic - 1974

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prtezellogicChronique issue d'un disque à disque Steely Dan écrit il y a 5 ans (juillet 2001) mais dont le devenir en Learning To Fly est compromis donc je l' en extrais puisque jean rhume et moi semblons avoir une certaine admiration pour ce groupe qu'il ferait bon de partager. Les ellipses du textes sont dues au fait qu'elles font références aux chroniques précédentes. Si je choisis cet album, c'est que c'est, et de loin, celui que je préfère.

A mon sens l'album le plus réussi de Becker et Fagen et l'un des plus réussis du rock en général, parce que le jeu des citations s'estompe pour laisser place à une idiosyncrasie plus affirmée. Et puis un album qui débute par une chanson aussi superbe que "Rikki Don't Lose That Number" part de très haut. Une mélodie splendide qui, chantée par Tina Turner aurait pu virer à la pire daube qui soit mais que Fagen sait moduler à la perfection, un refrain qui reste assez proche de ceux de CSN&Y (on ne dit pas assez à quel point ils ont une présence constante dans les chansons de Steely Dan), un solo de guitare d'une fluidité et d'une limpidité (même s'il manque un chouilla rikkid'agressivité) étonnante et puis ce rythme sud américain (que Steve Harley recyclera avec succes l'année suivante sur The Best Years Of Our Lives). N°4 dans les charts US, il aurait mérité encore mieux.

Presqu'aussi parfait "Night By Night" est un récit urbain en diable, quelque part du côté du funky et qui brasse les genres, les orchestrations avec un brio rarement égalé. Le solo de Jeff Baxter possède ici l'agressivité nécessaire (celle de Zal Cleminson de SAHB, c'est dire) et le morceau swingue comme jamais (grâce à Jeff Porcaro, jeune batteur, engagé pour l'occasion). Même si, d'après le duo, ce titre était avant tout une tentative commerciale, il démontre que les plus mauvaises intentions du monde peuvent donner naissance à de magnifiques oeuvres.

"Any Major Dude Will Tell You" est une ballade Rundgrenienne qui ondule avec grâce sur un piano électrique qui fera bien des émules (une fois de plus Steve Harley) avant de se conclure sur un final Beatlesien.

Ensuite, vient un autre morceau de choix, le superbe "Barrytown" (sur lequel Cockney Rebel calibrera son sublime Psychomodo). Dylanien en diable, c'est un morceau qui coule comme une rivière et qui n'a pas l'ombre d'une caillasse incongrue pour en freiner le courant. Fagen chante divinement et tout le monde est au diapason. Pas d'esbrouffe, pas d'épate, que de la viande.

steelydan1L'"East St Louis Toodle-OO" d'Ellington (dont personne ne sait si le grand Duke eut le temps de l'écouter avant de casser sa pipe) est un exercice de style assez anecdotique basé sur l'hypothèse selon laquelle il était possible d'imiter la trompette bouchée avec la wah-wah d'une guitare. OK, c'était donc possible. No comments.

Après une intro de guitare ébourriffante et planante, "Parker's Band" déroule son hommage à Charlie Parker, même si le morceau n'a absolument rien de jazzy mais est au contraire, une fois de plus, une soul pop song musclée à la Todd Rundgren. Jim Gordon y place son savoir faire rythmique (emmener tout son monde le temps d'un refrain vers un tempo accéléré sans qu'on le remarque vraiment). Le final est superbe.

Comme est superbe (désolé pour la répétition des qualificatifs) ce "Through With Buzz " dont la mélodie, toute en inflexion et soutenue par des violons parcimonieusement placés en support est l'une des plus belles de l'album. Dommage que la briéveté (1mn30) lui donne un petit air de parenthèse. A noter que Brian Sweet, laudateur érudit de Steely Dan et auteur de leur Complete Guide To Music Of (chez Omnibus Press) mérite une fessée déculottée pour avoir éreinté cette merveille.

"Pretzel Logic", qui donne donc son titre à l'album, renoue avec les atmosphères assez sombres de "Do It Again" (et dont s'inspirera MC 900 Ft Jesus). L'apparente évidence du thème fascine, et les cuivres, qui exhalent l'asphalte à plein nez (c'est une road song) sont splendidement intégrés. Encore un chef d'oeuvre estampillé Becker et Fagen.

"With A Gun" est assez countreyante avec son rythme de cow boy gallopant et de nouveau on entend surgir le spectre CSN&Y vers la fin de la première minute 30. On ne parle pas ici des textes de Fagen qui pourtant, mériteraient qu'on s'y arrête mais steelydan2on est un peu gênés devant l'ampleur de la tâche devant un groupe aussi richement équipé étant donné la place que je me suis accordé dans ce projet.

"Charlie Freak" rehisse l'auditeur à des hauteurs insoupçonnées avec ce piano d'une virtuosité sans pareil, cette orchestration d'une audace admirable (un son de violon créé par une guitare passée à la pédale fuzz) et puis cette histoire macabre et désespérée de junkie qui ne fait rien de mieux que d'utiliser l'argent de sa bague pour se payer la dose qui le conduira à la morgue (où celui qui acheta lui remet au doigt). C'est encore un pur chef d'oeuvre. 

L'album se conclut sur un morceau hargneux et sarcastique mais qui se trainasse un peu sans réussir à choper ce feeling funky que visent ses auteurs. Mais un refrain dont les paroles sont "I can feel the monkey in your soul" force le respect.

Il va sans l'écrire que Pretzel Logic est un album splendide. Que ce n'est pas pour rien que les Beastie Boys, autres novateurs-bricoleurs de sons, lui rendront en quelque sorte hommage avec la couverture-citation d'Ill Communication. Que c'est un mètre-étalon auquel on peut mesurer le talent de beaucoup.

4 poin 3 quart / 5

Extrait. Charlie Freak

Le texte de Charlie Freak dont je parle si-dessus et qu'on peut écouter re-ci-dessus (mais plus bas que ci-dessus)

Charlie Freak had but one thing to call his own
Three weight ounce pure golden ring no precious stone
Five nights without a bite
No place to lay his head
And if nobody takes him in
He'll soon be dead
On the street he spied my face I heard him hail
In our plot of frozen space he told his tale
Poor man, he showed his hand
So righteous was his need
And me so wise I bought his prize
For chicken feed

Newfound cash soon begs to smash a state of mind
Close inspection fast revealed his favorite kind
Poor kid, he overdid
Embraced the spreading haze
And while he sighed his body died
In fifteen ways

When I heard I grabbed a cab to where he lay
'Round his arm the plastic tag read D.O.A.
Yes Jack, I gave it back
The ring I could not own
Now come my friend I'll take your hand
And lead you home

Mis à jour ( Dimanche, 03 Août 2008 16:26 )  

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