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SPARKS - Hello Young Lovers - 2006

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SparksDepuis quelques années, on voit rejaillir l'étincelle du choc de ces deux silex que sont les crânes de Russell et Ron Mael. Le précédent, Lil' Beethoven, était une sorte de lil' chef d'œuvre, totalement ovniesque, mélange entre la musique orchestrale la plus classicante qui soit et la musique répétitive quasi-conceptuelle. Passé absolument inaperçu dans notre hexagone des Bermudes, l'album reçut un accueil princier partout ailleurs et les frères refêtés comme de grands auteurs. Coup de chance, ils le sont. Loin de n'être qu'une expérience sans lendemain, cette direction est ici réitérée mais totalement retravaillée de telle sorte que Hello Young Lovers n'est en rien une resucée paresseuse de Lil' Beethoven.

Au début, le disque intrigue. Ensuite, il intrigue encore, et à la fin…et bien il intrigue sparksphototoujours. Signe que c'est un bon disque. En fait, on pourrait en parler des heures de cet album tant il est irrigué de multiples affluents d'influences. Avant tout, dire qu'une fois de plus les textes surprennent (être surpris est un délice qui se fait de plus en plus rare avec l'âge). Presque entièrement construit autour de l'acte sexuel, l'album l'aborde sous un angle qu'on appellera, en référence à la pochette, lagomorphique. Une sorte de vision Schopenhauerienne du sexe, considéré comme une épreuve physique et mû avant tout par la biologie. Oser débuter un album par un morceau dont le refrain est grosso modo "Tout ce que je fais maintenant, c'est queuter, c'est queuter, jour et nuit je queute" met tout de suite de bonne humeur dans ce monde peuplé de tartuffes euphémisants.

Musicalement, tout est construit autour de violons (synthétiques mais sans que cela ne gène outre-mesure), de percussions et de saillies de guitares qui évoquent beaucoup Faith No More (pas un hasard s'ils collaborèrent). Comme Shostakovitch, Ron Maël est un des rares compositeurs qui soit obsédé par la musique militaire et il y a quelque chose de ce sous-genre méprisé pratiquement dans chaque titre. "Dick Around" fait un peu trop penser au Queen de Sheer Heart Attack mais des relents de Todd Rundgren rattrapent les choses en vol.

Bien meilleur est Perfume, premier single extrait et ce n'est pas un hasard car il a un petit quelque chose des Pet Shop Boys. Sa sobriété vocale est en tout cas étonnamment efficace. sparkslive2

Encore meilleur, et là on atteint au sublime, "The Very Next Fight" parvient à retrouver la magie d'Here Come The Warm Jets d'Eno (et plus précisément de "Dead Finks Don't Talk"). Il faut entendre se succéder riffs metal et clavecin pour comprendre ce qu'est l'audace en musique.

L'autre grand moment est "Rock Rock Rock" qui part sur un ton particulièrement pompeux mais qui installe rapidement une atmosphère mélodramatique incroyablement prenante culminant dans un refrain qui vous vrille la moelle. Une fois de plus, on sent l'influence des Pet Shop Boys et notamment du superbe "Left To My Own Devices".

Les Sparks d'antan ne sont pas si présents que ça si ce n'est sur le magnifique "Waterproof" (prochain single, il le faut absolument) où pointent les ambiances d'Indiscreet, mais beaucoup moins opérettes qu'avant. Sparkslive2

Sur "Metaphor", guère moins magnifique, plane le fantôme du "Cat's Eye" de Van Der Graaf. Russell Mael, est-il besoin de le dire, chante toujours divinement, surtout pour transporter de tels textes ("chics, dick, dick / Use them wild use them well and you'll never know the hell of loneliness").

L'album ose les titres les plus expérimentaux sur sa fin. "Here Kitty" est par exemple empli d'entrelacs vocaux rappelant beaucoup ce que Todd Rundgren tenta (avec succès) sur A Cappella et Sparks eux-mêmes sur le final légendaire d'"Equator" (Kimono My House).

sparkslive4"There's No Such Thing As Alien" et "As I Sit Down To Play The Organ At The Notre Dame Cathedral" (qui est peut-être le 3ème sommet du disque) jouent sur la répétition à outrance des mêmes lignes mélodiques qui tournent comme des volutes autour de l'auditeur.

On peut être rétif, personnellement je suis hautement amateur à mes hours. Une chose est sûre : voilà un album qui déplaira aux pisse-vinaigre. Une qualité supplémentaire.

Chronique parue dans Crossroads 

4 poin et demi / 5

On peut aller se faire plaisir les yeux en allant voir des photos de concerts (bien sûr jamais en France) là  et

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Mis à jour ( Dimanche, 03 Août 2008 16:28 )  

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