Anekdoten, Vemod (1993) - Nucleus (1995)
Peter Nordins : Percussives
Jan Erik Liljeström : Bass, voice
Nicklas Berg : Guitar, claviers, mellotron, voive
Anna Sofi Dahlberg : Violoncelle, mellotron, voice.
Ce groupe qui nous vient de Suède fait paraître en 1993 son premier album suivi d’un second en 1995 qui seront une découverte provoquant un enthousiasme durable puisque aujourd’hui encore il me semble important de les évoquer sur poin poin (qui, je le rappelle est, entre autre, le lieu des musiques audacieuses, passées ou récentes et hors des modes).
Ce quatuor produit une musique qui instantanément nous rappelle un groupe pas tout à fait oublié et même très productif ces 35 dernières années – je veux parler de King Crimson. De fait les manières de construire les morceaux et d’y introduire des ruptures et cassures dans le rythme, les dissonances ou assonances guitaristiques, l’instrumentation et les accélérations progressives sur fond d’arpèges et de mellotron – tout rappelle le Roi Cramoisi.
La musique, à l’âpre beauté, sombre et agressive, avec des moments de relative accalmie, exprime au mieux comme une sorte de spleen baudelairien, une mélancolie parfois étouffante et d’autres fois exaltée. Les textes d’ailleurs soulignent aussi une douce et remuante intensité que la guitare souvent frippienne de N-Berg accompagne.
Pour exemple
Harvest 
"I’ve drunk my fill
Sunk my will
Bored myself with talk
End the dreaming
Time for seeing
Life as real"
Ou encore
Here :
"Here – alone with my fear
If only I could leave this night behind
And love life again
If only I could turn the tide
And turn back the time."
Ces deux titres sur Nucleus.
Quand la voix s’élève au-dessus du violoncelle et du mellotron, dans ces passages d’accalmie qui laissent place à une émotion apaisée, on retrouve le King Crimson le plus lyrique, celui de la première moitié de Starless and Bible Black. Quand la musique se fait plus violente, c’est la complexité de certains titres de Red ou Discipline (ou encore du morceau Fracture sur Starless) que l’on retrouve. La basse au son souvent saturé sur le premier opus donne toujours l’impression d’une violence grondante et menaçante. La tonalité grave et chaude du violoncelle accorde, à la violence de la musique, un lyrisme paisible et lumineux.
Cependant ne croyez pas qu’Anekdoten ne fait que copier et mimer la musique de leurs aînés….la réminiscence est inévitable (je l’entends comme ça en tous cas) mais la musique proposée possède son autonomie et rien de vain et d’inutile dans ces disques.
46 et 48 minutes de beauté intense et fulgurante et pas de cette beauté fanée qui se dissimulerait derrière des fards destinés à en dissimuler la vacuité.
5 poin / 5 pour Vemod
4 poin / 5 pour Nucleus
…..mais les deux sont recommandés également.
deux extraits :
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