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TODD RUNDGREN - Runt -1970

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Todd Rundgren Runt

Tout commence par ce surnom dont l'affuble miss Patti Smith (alors rock critic à Rolling Stone) : "runt", et qui signifie "avorton". On retrouvera ainsi plusieurs femmes (Bette Midler, Laura Nyro, Babe Buell... qu'il va côtoyer et  dont l’avorton va s'imprégner au début de sa carrière solo). Après la séparation de Nazz, Todd Rundgren n’envisageait pas forcément de composer pour lui, ni même de se lancer  à l'assaut du show-biz.

Il signe un contrat avec Albert Grossman (manager, à l’époque, de Peter Paul & Mary, The Band, Bob Dylan et Janis Joplin) en tant qu’ingénieur du son du tout nouveau Bearsville Studio à Woodstock NYC. Todd a 21 ans et déjà à son actif quelques productions et participations en tant qu’ingenieur ou musicien (American Dream, The Band, Butterfly Blues Band, James Cotton). Pour son premier album, il met les petits plats dans les grands en enregistrant au Record Plant Studio, bien décidé à montrer ce qu’il sait faire.

Très déçu par la fin prématurée de Nazz (il a du abandonner ses droits d’auteur pour poursuivre en solo, et donc se résigner à ne jamais toucher de royalties pour les trois albums du groupe) et visiblement trop à l’étroit dans son rôle de guitariste "poseur", il s’entoure de la future section rythmique de Bowie (trente ans plus tard), les frères Hunt ainsi que de Tony Sales. Todd est doué. Dès Broke Down & Busted, qui ouvre la galette, on remarque un style "touché-glissé" plus que "british blues", qui ne nous est pas méconnu (à l’époque, Todd n’a d’yeux que pour Clapton - voir les remerciements dans le livret).

Todd RundgrenL’album est peaufiné avec des riffs, des notes tenues, et un phrasé très proche de celui de "Slow Hand". Suit Believe in me, un véritable appel au secours de musicien en proie à la portée vierge, une ballade au piano comme beaucoup d’autres suivront plus tard dans Something / Anything, un style au piano très particulier qui lui fut inspiré par sa grande fascination pour Laura Nyro.

Petite perle s’il en est et qui, en plus, fonctionnera dans les charts (top 20), We gotta get you a woman, décrié par les féministes de l’époque et qui relate les virées nocturnes de Todd Rundgren avec Paul Fishkin, surnommé Leroy Boy, dans le square St Mark à NYC. Who’s that man est un rock solide et carré permettant au  talent de jeune "gâchette" du manche de notre homme de s'exprimer, tandis que Once Burned ajoute encore un peu plus à la couleur "British-Beatles-GaryBrookienne" de cette face. Lorsque l’on entend la voix de Todd sur ce morceau, on ne sait trop comment ce timbre lui est venu mais le voilà maintenant avec une marque de fabrique.

Devil’bite, ou comment faire simple et efficace : une intro planante suivie de trois accords rugueux soutenus par des claviers "pourpre profonds" façon Woman from Tokyo (si, si, j’insiste). Il y a vraiment de quoi y perdre son identité culturelle, voilà pourquoi Rundgren aura du mal à rassurer les rock critiques.

Deuxième face et tout est à recommencer, puisque I’m in the clique, enregistré à NY, est un titre très expérimental avec plusieurs breaks, où figure Moogy Klingman (le complice de toujours), et nous voilà partis pour 4'57 de jazz-cuivreux et poussif. Déjà présent dans les albums de Nazz, Todd ne cache plus son goût pour les faces B avec moult medleys et cet album n’échappera pas à la règle. On commence par There’s no words (et pour cause), chanté a capella, la voix multi-mixée avec des harmonies plutôt Beach Boys expérimentales, suivi de trois titres plus intimistes. The last things you said : après la première déconne de magnifiques mélodies construites comme Todd Rundgren portraitdes hits, sans oublier Baby let’s swing, une chanson en hommage à Laura Nyro et à leur rencontre dans un restaurant (elle deviendra  une amie et une source d'inspiration. D'autres pensent que c'est plutôt vers Carole King qu'il faut voir une parenté d'écriture) et Don’t tie my hands, un bijou de rock carré qui gicle la barbe à papa et la pomme d'amour.

Autre constante de beaucoup d’albums de Rundgren, "le grand final" qu’il souhaite être pompeux, grandiloquent (il dira également que, pour lui, tous les albums devraient probablement finir comme A day in the life).  Birthday Carol,  ce sont 9'16" d'une pièce montée, sur des swings que n'aurait pas renié Chicago Transit Authority, pour bifurquer à 180° sur une ballade piano-guitare à tomber par terre, enchassée de groove, de R & B, de musique de chambre et de solis plaintifs. Quatre grandes années vont suivre où les amateurs vont en prendre plein les oreilles.

Pour écouter le titre Birthday Carol, c'est ici

 Todd Rundgren :
Side one
Hunt Sales : Drums, percussions
Tony Sales : Bass & string bass

Side two
Bobby Moses : drums
John Miller : Bass 
Mark Klingman : Piano

All songs & other instruments : Todd Rundgren

Special Thanks to Miss Christine (dont les historiens affirment aujourd'hui qu'elle ne faisait pas que le café dans le studio...)

A lire également : chronique de A Wizard A true Star (1973)

Site officiel Todd Rungren
MySpace consacré à Todd Rundgren (fan site)
The Todd Rundgren Connection
Page Wikipédia sur Todd Rundgren (en anglais)

Mis à jour ( Dimanche, 03 Août 2008 17:43 )  

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