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ELECTRIC WIZARD - Witchcult Today - 2007

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 Après plus de trois ans de silence, fin 2007, Electric Wizard fut de retour avec ses caresses obscures. C’est à dessein que j’emploie le mot caresse. Dérogeant à la règle de la chronique de Doom qui parle haine et auditeurs cuits à l’étouffée, ce dernier opus est l’occasion rêvée (car il s’ y prête à merveille) d’affirmer la sensualité que peuvent revêtir certaines furies du genre.

La caresse, celle qui prodigue douleur et plaisir… cet entre-deux, comme les larmes de joies… il s'agit bien de cette caresse-là… finalement proche de celle des saturations les plus psychédéliques, de celles qui titillent directement les nerfs pour mieux les épuiser – car on sort souvent du plongeon les sens émoussés. Plonger ! Encore un terme fort prisé pour évoquer un univers musical d’ampleur. Simplement, je vais vous demander de comprendre plonger au plus proche de son premier sens. La matière d’Electric Wizard vous noiera. Le fuzz coulera de vos enceintes, saturant progressivement chaque millimètre cube d’air libre autour de vous. On dit que la noyade est la plus douce des morts, c’est de celle-ci que vos sens mourront dans un orgasme halluciné (Eros et Thanatos, etc et blah blah blah).

Il a toujours été question d’immersion chez Electric Wizard, mais celle de WitchCult Today se démarque légèrement de la manière violente paroxystique des précédents albums. Si la mélancolie fondamentale de cet album est bien portée par une frappe météoritique, Jus Oborn et ses comparses semblent avoir renoncé à la surenchère. Aux masses opaques de Dopethrone, avaient succédé le Psychédélisme effrayant et toujours plus lourd de Let Us Prey puis les tortures émouvantes mais cloutées de sang de We Live (album controversé par ailleurs).

Soit en quelques mots : les précédentes œuvres étaient monumentales et monolithiques, Witchcult Today est d’ une splendeur certes imposante mais découpée de motifs aux courbes plus fines, - plus précieuses, oserais-je avancer.


Pour en arriver là, les Electric Wizard ont creusé toujours plus loin vers leurs références oldies. Pleins feux Sur Black Sabbath et son sillage, plus que jamais. On enregistre sur matériel d’époque, on sort l’imagerie infernale la plus kitsch du monde (et délicieusement fascinante il faut le dire !) . Ce disque est d’un rétro absolu ! Et pourtant, on doute qu’il ait pu être enregistré à l’époque (peut-on effacer des années d’évolutions musicales sans en porter aucune marque ?) : en somme, Electric Wizard signe un chef- d’œuvre des 70’s en 2007 (le terme rétro-futurisme conviendrait tout à fait si il n'avait pas un sens tout autre). Les spécialistes disserteront à l’envi sur ce qu’il y a de neuf et d’ancien sur cet album, l’essentiel reste le frisson. Ce frisson toujours renouvelé à chaque rendez-vous discographique depuis Come My Fanatics qui me fait écrire qu’Electric Wizard est tout simplement un grand groupe. Quelles que soient les directions prises, leur musique chemine toujours vers l’intensité. Alors que de loin en loin, débordée par les magnifiques grondements électriques, pleure la voix du chant, comme toujours plus isolée...





Vous trouverez des extraits de cet album et d'autres sur la page MySpace d'Electric Wizard



Les efforts pour écrire cette chronique sont dédiés à tous ceux (sans exceptions) qui ont participé de près ou de loin à l'aventure poin-poin. Merci à vous, - je déconne pas- vous êtes formidables!
Mis à jour ( Samedi, 27 Février 2010 03:54 )  

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