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MARY BELL - s/t - 2007

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 Mary Bell n’est pas une héroïne gothique évanescente. Non. Si le groupe Hollandais a choisi ce nom, c’est pour des raisons beaucoup plus sordides. Je vais vous raconter brièvement qui est Mary Bell. Cela me débarrassera de la tentation un peu facile (bien que légitime) d’une chronique en forme de liste exhaustive du champ lexical de la haine et de la souffrance. Car sachez qu’à la veille de ses onze ans, la gamine anglaise Mary Bell a assassiné deux enfants dans des conditions absolument abominables (je vous passe les détails sur les mutilations sexuelles…). Là, les habitués du folklore des franges extrêmes qui peuplent les chapelles les plus bizarres du rock sombre se gaussent : « même pas peur !! On en a vu d’autres », crient –ils en chœur. Sur un point, je ne peux que leur donner raison : tout cet apparat est au moins aussi ridicule qu’effrayant. Cependant, s’il est bien un genre en adéquation avec son imagerie, c’est le Doom-Sludge le plus méchamment intentionné- sans vouloir offenser le fan premier degré du genre, les attitudes Black Metal sensées être les plus flippantes me plongent systématiquement dans des fous rires incontrôlables.



 En réalité, ce qui m’a le plus intéressé dans la vie de Mary Bell n’est pas qu’elle est une jeune meurtrière ; mais plutôt que le récit de sa vie peut être celui qui sera assez dégueulasse pour combler le misanthrope total et sans espoir qu’est sensé être l’amateur de Doom et de Sludge (en vérité, comme moi, la plupart sont plutôt de joufflus rigolards… mais chut !! Ne le dites à personne !). Tout y est : violence sociale, physique, sexuelle, veulerie, cupidité…
Jugez plutôt :

Mary Bell passe son enfance dans l’Angleterre la plus délabrée (elle commettra ses crimes dans une ville du Nord ravagée par le déclin de son industrie). Elle est fille de prostituée et de père inconnu (c’est là que les horreurs commencent) spécialisée dans la domination. Dés l’âge de cinq ans, la mère met sa fille à disposition des clients (et abuse d’elle aussi). Il est également probable que la même mère ait tenté plusieurs fois de tuer Mary. Enfin (comme si le tableau n’était pas déjà insoutenable), elle monnaiera bien des témoignages à la presse lorsque sa fille sera derrière les barreaux. En 1984, Mary Bell, libre et protégée par anonymat depuis 1980, met au monde une fille. Mais, débusquée par des journalistes, celle-ci doit fuir pour protéger sa famille. Plus tard encore elle se fera payer rondement pour ses témoignages, ce qui déchaînera les tabloïds Anglais, et suscitera une ultime controverse : peut-on ainsi tirer profit financièrement de ses crimes ?

Voilà donc l’histoire sur laquelle nos charmants Mary Bell ont jeté leur dévolu. Et notez juste que ça leur va très bien. Leur Doom fait partie des Doom abominables. Le chanteur est un sauvage, leur son est sale, et le groupe ne se laissera jamais corrompre par le bonheur (la joie est une chose toute pourrite à éviter pour le vrai doomster).
 Pour aller un peu plus loin, et pour les habitués du genre, je renonce à faire une liste d’influences, vous trouverez toutes celles que revendique le groupe sur leur Page MySpace. J’ajouterai bien cependant que cela pourrait être du Khanate gras et sludge (et surtout sans la voix de Hamster géant d’Alan Dubin) ou encore du Buzzov-en version Doom. La batterie, à défaut de jouer les machines de guerre, claque de façon souffreteuse, et traîne sa lassitude fascinante (façon Switchblade ou Ocean), entre les blocs de sons massifs quasi-inamovibles. Si les premiers titres tirent souvent vers un Sludge aux rythmes parfois changeants, le tempo ralentit sensiblement par la suite, à mesure que le béton électrique à prise rapide durcit. Les Mary Bell terminent ainsi leur album avec un titre très lent (Delirium) d’une vingtaine de minutes, qui sera -comme souvent dans ce cas-là- leur morceau de bravoure.

Enregistré en 2005, l’album de Mary Bell ne paraît qu’en 2007 tout simplement parce que le groupe n’était toujours pas signé jusqu’à présent. Soyons fous : rêvons que leurs ventes dépassent les doigts des deux mains en France…


Vous pourrez écouter deux titres de Mary Bell ICI

Mis à jour ( Samedi, 27 Février 2010 03:53 )  

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