Ce disque fait peur.
Sa monstruosité monolithique effraie, c’est indéniable. Jamais le jusqu’alors trio (qu’il ne sera vraisemblablement plus jamais, le mariage du divin nabot avec la (pseudo) riffeuse Liz empêchant en toute logique qu’une éventuelle réconciliation entre celui-ci et ses deux acolytes le fasse revenir à la formule à trois) n’aura sonné aussi compact, ramassé alors qu’il compte néanmoins sur six morceaux, deux morceaux jusqu’alors inhabituels pour le sorcier, à savoir un titre punk (relatif, des doomsters jouant du punk ne dépassent pas les 70 bpm) où Greening, le batteur déchu mais jamais décevant, s’en donne à cœur joie, foudroyeur psychotique de cymbales catatoniques, et une balade au piano dont le même homme a composé la mélodie. De là à parler de doom expérimental, laissez moi me gausser. Il n’en est rien, le Wizard fait bien du ‘true uk doom’ comme le vantait son feu site internet en 2002, site tant regretté, jamais remplacé.

Cet amas de metal en fusion grouille de fréquences sub soniques, la cible est connue : viser le ras du sol. Les riffs sont d’une limpidité extraordinaire, dans la plus pure tradition sabbathienne, réhaussés par une wah wah crachotante, corrosive. Peu à peu l’on va réussir à discerner quelques cris désincarnés à travers ce maelström de volutes psychédéliques noires et nauséabondes, un véritable cancer sonore.

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