Difficile de débuter cette chronique à paraître sur un site peuplé de pointures en rock vintage, qui plus est lorsque la dite chronique s’intéresse au cas d’un groupe qui est un hommage au genre.Pour expliquer mon engouement pour cette galette, il suffit déjà de me connaître légèrement (cela ira très vite, rassurez-vous). Obsédé par le riff sabbathien, les grosses productions… sabbathiennes et tout ce que cela a pu entraîner durant quasiment 40 ans désormais (eh oui, le temps file), je pourrais me décrire comme une copie de Pablo, le sale caractère en plus, si cela peut vous aider à mieux me cerner.

Pochette classieuse (surtout pour une autoprod) digne des meilleurs biker flicks (je fais celui qui s’y connaît mais j’ai du n’en voir que 3 ou 4), ce qu’elle renferme s’en montre à la hauteur. Débutant tel l’album éponyme de Iommi et ses acolytes, le bruit d’un flathead ou panhead en plus, l’ambiance est rapidement instaurée : heavy, heavy, heavy (as fuck, si vous me le permettez). Une ribambelle de riffs aussi… heavy les uns que les autres s’enchaînent. Pas de temps morts, puisque nous le sommes déjà (désolé). Et lorsque pointe une accalmie, c’est l’ombre d‘Embryo’, de ‘Solitude’, de Black Widow ou de Coven qui nous enveloppe.
Une décennie et les quelques années qui l’ont précédée nous sont résumées en quelques minutes. La Californie, la Honda, Altamont, les Hell’s Angels, la dope, Black Sabbath, les messes noires, les messages subliminaux, à rebours, les bourres à motos, la Hammer, Vincent Price, les filles à choucroutes en bikini ou celles faciles contre un joint, le surf, et bien entendu Easy Rider, c’est tout un pan des cultures 70 anglo-saxonnes qui jaillit de nos enceintes et nous retombe sur le coin du visage. Et sans chant, il est tellement facile de s’y plonger et de se faire son propre road-movie. Puisque les musiciens eux-mêmes éprouvent de sacrées difficultés à déceler leurs influences et la façon dont ils sonnent, que les quelques auditeurs sondés y entendent des inspirations différentes, je ne saurais que vous conseiller d’y jeter un tympan ou deux, des albums aussi hors du temps, libérés des tendances actuelles et brutes de sincérité (surtout) se font rares. Ride on.

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