poin-poin
Bannière

 
  • Increase font size
  • Default font size
  • Decrease font size
Home Dressez vos esgourdes Hip Hop-Reggae-Dub Basic Channel / Rhythm & Sound

Basic Channel / Rhythm & Sound

E-mail Imprimer PDF
Le label Basic Channel est longtemps resté un mystère puisque les deux protagonistes à l'origine de celui-ci refusaient encore il y a peu de participer au jeu médiatique et de promouvoir leur musique sous quelque forme que ce soit. Avant que Moritz Von Oswald ne décide récemment de sortir de son antre pour la parution des albums "Vertical Ascent" du Moritz Von Oswald Trio et du "Ravel & Moussorgski Recomposed by..." avec Carl Craig, une des seules déclarations de Mark Ernestus disponible sur le marché était la suivante : «Même en les citant dans leur contexte, j'aime mieux ne pas voir mes paroles répétées». Mais la donne a quelque peu changé depuis les tout débuts du label, il est donc temps, de faire le point, de faire un bilan, je dirais un topo sur ce label précurseur et sur ses différents projets.

 

pochette Rhythm And Sound with Artists
pochette Showcase, Rhythm And Sound, Tikiman
A commencer par Rhythm & Sound qui n'est en fait qu'une facette de la galaxie Oswald / Ernestus puisque le label Basic Channel monté par le duo se divise en plusieurs sous-labels (ou catégories) : Chain Reaction pour l'aspect le plus ambient (limite indus parfois), les M-Séries (productions plus techno d'Oswald sous pseudo Maurizio), Main-Street, Basic Replay ou encore Burial-Mix, dont je ne connais pas particulièrement les spécificités respectives mais peu importe car l'ensemble des productions Basic Channel convergent toutes vers le même poin : un dub répétitif, minimaliste et profond. Un dub hypnotique, sans aucune mélodie d'aucune sorte, si ce ne sont celles des nombreux invités (la plupart jamaïcains) qui viennent poser leurs voix sur les "versions". Car si l'on est bien sur le terrain du dub, c'est un dub qui musicalement ne doit pratiquement rien au reggae. En effet, signalons que nos deux lascars sont allemands, blancs, issus du milieu techno berlinois des années 90 et que leur musique n'est en rien comparable aux riddims sur lesquels posent habituellement chanteurs et toasters black jamaïcains. Ils sont pourtant nombreux à avoir accepté l'invitation et le résultat est étonnant puisqu'on assiste là mes aïeux, à une relecture totalement novatrice du reggae et du dub. Paul St-Hilaire (anciennement Tikiman) fut le premier me semble-t-il à collaborer au projet Rhythm & Sound sur l'album Showcase, chef d'oeuvre absolu de profondeur, de dépouillement et de classe internationale. Mais la compilation Rhythm & Sound w/ the artists, recueil de quelques maxis indispensables envoie très loin la bouilloire également.

 

Cependant, la majorité des productions Basic Channel est exclusivement instrumentale. Le label sort un nouveau maxi environ tous les six mois (qu'ils compilent ensuite sur cd), les pochettes sont quasiment vierges d'inscriptions, souvent dans les tons gris, sans date, sans noms, sans rien. Dans leur version cd, les disques se présentent dans des espèces de boites métalliques presque totalement vierges, tout au plus y cueille-t-on quelques inscriptions pratiquement illisibles ou un logo plus ou moins identifiable. Qui fait quoi ? On s'en fout, le propos n'est pas là. Bien-sûr vous achetez l'objet qui est atypique (sans doute inspiré de la Metal Box de PIL) mais vous achetez (gnn) surtout de la musique, c'est ce que ce dépouillement extrême semble vouloir nous raconter. Technique qui n'est pas sans rappeler les tout débuts de la techno (celle de la fin des années 80), où les maxis sortaient sous pseudos et où DJs et producteurs n'étaient pas encore sous copyright (David Guetta n'était pas encore in the house). Un minimalisme graphique poussé à l'extrême mais typé et classieux, que l'on retrouve symétriquement dans la musique, qu'elle soit à consonance ambient, techno ou dub. Mais à l'écoute des prods Basic Channel, la question ne se pose plus en ces termes tant ces paramètres se fondent en une seule entité.


Rhythm And SoundPaul St-Hilaire aka TikimanCe côté dogmatique pourrait faire penser à une recette et dans un sens c'en est une ; recette que l'on pourrait résumer sous cette forme et qui ne varie quasiment jamais : mid-tempo (126 BPM environ) + pulsation régulière (toujours présente mais plus ou moins appuyée par les sons de batterie -essentiellement grosse caisse et charley- jusqu'à absence totale de batterie) + basse sourde + échos (claviers, bruits et même parfois quelques notes de guitares) + textures (grésillements, souffle, un souffle équivalent à un enregistrement réalisé sur minicassette pourrie). Dernier point, et à quelques exceptions près, les morceaux varient entre six et neuf minutes. Ni plus ni moins. Sur le papier, ce parti-pris peut paraître austère et aux confins du chiant mais la musique de Rhythm & Sound (et par extension de tout Basic Channel) dégage une rare chaleur. Une chaleur à la fois suave, humide, sourde, profonde, apaisante et lumineuse. Particulièrement lumineuse quand Paul St-Hilaire, Cornel Campbell, Jennifer Lara, Shalom, Jah Batta, Love Joy, Gregory Isaacs, Max Romeo ou The Chosen Brothers viennent poser leurs voix et leurs mélodies typiquement reggae sur ce canevas moelleux. Une musique pour sûr enfumée des vapeurs de ganja indissociables de la culture reggae, une musique qui laisse votre regard se perdre dans le brouillard, vos pensées s'échapper pour ne laisser qu'un vide abyssal et bizarrement rassurant, une musique presque foetale.

 

Il existe cependant une face plus sombre et moins confortable, où les échos lointains font penser aux usines, aux machines, aux ondes et autres interférences. Mais en aucune manière ni à aucun moment, la musique de Basic Channel ne dégage une quelconque agressivité, on reste dans le cotonneux, le lointain, le sourd. Avec des noms qui n'évoquent rien de connu (hormis Monolake ou Vladislav Delay) : Fluxion, Hallucinator, Vainqueur, Quadrant, Radiance, Erosion, Resilent, Substance, Phylyps... dont on ne sait même pas s'il s'agit d'Oswald et Ernestus sous pseudos ou d'authentiques gadjos trifouillant les machines dans le même sens. Cependant, un dénommé Pete Kuschnereit sévirait sous le patronyme de Substance et Rene Löwe sous celui de Vainqueur, puis formeraient ensemble l'entité Scion.


Une démarche unique, totalement hors-normes, pleine d'invention derrière son concept à priori rigide et froid. Pour sûr les amigos, il me semble infiniment pertinent de définir un espace au sein duquel évoluer et de tenter d'explorer au maximum ce cadre, aussi restreint puisse-t-il paraître de prime abord. Il y a un autre point sur lequel je suis totalement en phase avec les deux gars, c'est qu'ils considèrent qu'il s'agit à 100% d'une musique de studio et qu'il est absolument mal venu de monter sur scène armé de deux ordinateurs (même s'ils donnent quelques concerts). A l'exception de quelques margoulins de haute volée, il est en effet rare qu'un set de DJs ne soit pas chiant à mourir. Bref, je ne me lasse pas de leur musique et ce, depuis des années. J'y reviens régulièrement, fidèlement, évidemment. Certaines personnes ne marcheront pas du tout et d'emblée se feront chier comme des rats morts au bout de trente secondes, sans compter que l'on est pas toujours disposé à entrer dans le mood, mais lorsque ça fonctionne, on peut se laisser embarquer des heures sans avoir le mal de mer. Total respect is in the house.

 

Le site du label Basic Channel

Rhythm & Sound (w/Savage) Smile
Rhythm & Sound (w/Tikiman) Jah Rule
Maurizio M4
Maurizio M7
Quadrant Dub
Vainqueur Lyot (Reshape)
Phylyps Trak II/II
(il est conseillé de mettre la sauce, interdit d'écouter sur des enceintes d'ordonnateur)
Mis à jour ( Samedi, 28 Novembre 2009 14:13 )  

Poin Flash

LA ZICMUCHE, le "blog lamentable", les girafons... Rejoignez LE FORUM POIN-POIN.

 

CONCERTS ROCK SANS PAPIERS Paris-Bercy, 18/9, avec Daniel Darc, Jacques Higelin, les Wampas, No One Is Innocent, Sinsemilia, Les Têtes Raides… - MELT BANANA 16/09 Paris - THE LOVE ME NOTS tournée annulée - GONG 18/9 Le Garric, 22/9 Bourg-les-Valence, 23/9 Clermont-Ferrand, 24/9 Ris-Orangis, 25/9 Aleçon, 26/9 Rennes, 27/9 Lille - ELECTRIC WIZARD 29/10 Paris - DARK TRANQUILLITY 30/9 Paris - YARDBIRDS 2/10 Ris-Orangis - JOHN MAYALL 7/10 Ris-Orangis - THE UNDERTONES 9/10 Paris - CATHEDRAL 19/11 Belfort, 20/11 Paris - DRIVE-BY TRUCKERS 26/11 Toulouse, 27/11 Rennes, 28/11 Antwerp (Belgique) - Y & T 20/10 Paris - ERIC McFADDEN 22/10 Gerardmer 28/10 Le Thor, 29/10 Pau, 30/10 Nice, 2/11 Marseille, 3/11 Montpellier, 4/11 Perpignan, 5/11 Bordeaux, 6/11 Trebeurden, 7/11 Callac, 9/11 Paris, 10/11 Ensisheim, 11/11 Niort, 12/11 Marne-la-Vallée (Billy Bob's) - MIGHTY DIAMONDS 21/11 Ris-ORangis - THE SWANS 25/9 Bruxelles, 26/9 Tourcoing, 27/9 Rouen, 28/9 Boulogne-Billancourt (festival Bbmix), 30/9 Tournefeuille (Toulouse), 1/12 Feyzin, 2/12 Genève - WISHBONE ASH 5/12 Ris-Orangis - HELMET 5/12 Annecy, 6/12 Strasbourg, 10/12 Paris, 11/12 Orléans, 12/12 Tourcoing

 

CALAMITY JANE orne le 6e numéro de L'Indic, le "noir magazine". Dossier: "L'image de l'homme et de la femme dans le polar". Sommaire complet.

 

CHAUDE LA VAPEUR ! Vapeur Mauve n°9 consacre sa couverture à Steve Hackett. A télécharger ici En prime, la bande-son !

 
ESPACES INTERSIDÉRANTS Shinju Gumi, Schall Platten (bidouillax audio und video), Les combinaisons uniques objets, l'Incohérent (anti-tout), DJ Duclock (polars et musique), le blog Poin-Poin, Forgotten songs (vinyles by dk and rough), Astral Quest (stoner blues)