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Home Dressez vos esgourdes Bluegrass/Old Time LAUDERDALE, STANLEY - Lost In The Lonesome Pines - 2002

LAUDERDALE, STANLEY - Lost In The Lonesome Pines - 2002

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 Lost In The Lonesome Pine, 2002
Jim Lauderdale, Ralph Stanley and the Clinch Mountain Boys

Hi boys ! Le printemps arrive, les oiseaux chantent, le soleil brille, notre nouveau président se la joue Kennedy, vous faites des BBQ, c'est le moment idéal pour tenter de vous plonger dans cette partie de la musique que jusqu'à présent vous abhorriez : le bluegrass, voire la country.  

Que l'on ne se méprenne pas, la country est assez différente, même très différente, du bluegrass (dès que vous aurez l'oreille habituée aux variations de ces genres)*. Grossièrement la country c'est le côté pop sirupeux gerbatif, le bluegrass c'est le côté roots, musical* (celui qui a très fortement inspiré Bob Dylan). Nonobstant je connais de très bons albums de country, mais malgré tout le bluegrass emporte de loin mon adhésion. Pour ceux qui furent submergés par la vague Cashienne (avec les American history) c'est surtout très près du folk. Autre genre, autre influence très proche du bluegrass et qui s'y mèle souvent : le folk irlandais (Planxty, Chieftains,etc..). (Je ne vous parle pas du old time, etc.)    


 
Bref assez de raccourcis trop extrêmes, dans la country, dans le bluegrass, vous trouverez à coup sûr votre bonheur comme des choses tout bonnement catastrophiques.

 Le disque dont je souhaite vous parler est évidemment l'un de ceux que je trouve très réussi. Difficile de le classer malgré tout car il est le fruit de la collaboration de deux grands artistes, l'un plutôt classé country : Jim Lauderdale, l'autre bluegrass, Ralph Stanley (et ses Clinch Mountain Boy). Il demeure malgré tout plutôt  un disque de bluegrass, moderne qui plus est. Jim Lauderdale a émergé durant les années 90 comme un très grand auteur country, son art de la composition est achevé. Il trouve souvent le mot juste, le bon refrain, un rengaine immédiatement mémorisable qui se laisse chanter sous la douche, dans la voiture, etc. Il est vrai que la country comme le bluegrass garde un style de chant assez brut, sans énormément de relief et du coup facile à s'approprier. Ralph Stanley quant à lui est une légende vivante (je ne doute pas un jour de vous parler aussi de Sonny Osborne, Don Reno, Pete Wernick, Tony Trischka, etc.). Sa première heure de gloire fut entre les années quarante et soixante accompagné par son frère (lequel mourut en 66). Depuis toujours il est considéré comme un maitre de son instrument et a cotoyé les plus grands et le plus grand d'entre eux Earl Scruggs. Comme beaucoup d'artistes roots américains il connait depuis le milieu des années 90 une sorte de revival (il participe à la B.O. de O'Brother pour info, l'extraordinaire : O'Death).
 


En 1999 sort "I Feel Like Singing Today", première tentative d'associer le duo qui se révèle immédiatement complémentaire (la belle voix de Lauderdale et en écho celle éraillée de Stanley). Le disque est une réussite et en 2002 l'aventure est une nouvelle fois tentée. Surprise, le second est encore meilleur, c'est "Lost In The Lonesome Pines". Les compositions de Lauderdale sont toutes accrocheuses, son talent est évident, les paroles sont rigolotes ("She's looking at me"), comme éthérées ("Lost in the lonesome pines"), comme émouvantes ("Forever Ain't No Trouble Now") ou entrainantes ("Deep Well Of Sadness").  Malgré tout un climat joyeux prévaut dans cette musique, même si les paroles sont souvent dramatiques. Un paradoxe qui n'est pas pour me déplaire. N'étant pas à une contradiction près beaucoup de textes sont très religieux (wasp). Pour moi qui suis un athée buté et intégriste (et de confession narcissique pour citer Woody Allen) je prends ces textes comme de grandes bouffées de naïveté et cela me plait.

La production irréprochable achève de me convaincre. J'écoute cet opus depuis deux semaines non stop, fenêtre ouverte, cheveux au vent, en entonnant "Listen to the sheperd" (!) (perle gospel qui achève cette album : un titre a capella de Stanley).  

Honnêtement mon instinct aurait du vous faire écouter "Deep Well Of Sadness" qui ouvre les 14 titres de l'objet et qui grâce à son rythme endiablé et son banjo tonitruant aurait emporté l'adhésion (des 14 titres seulement deux me laissent sur ma faim, "Redbird" et "She Would Not Tell Her More"). Mais malgré tout j'ai préféré vous laisser écouter "Lost In The Lonesome Pines", ma favorite. Une magnifique ballade qui parait flotter hors de ce monde de brutes.

Une dernière chose, le bluegrass m'a fait aimer un instrument qui jusqu'à présent me hérissait les cheveux sur la tête : le violon (sauf chez Jimmy Page mais c'est une autre histoire). Enfin chez les cowboys on dit le fiddle. Il possède un chevalet plus plat qui permet d'attaquer les deux cordes de front pour donner cette dynamique si particulière.
 

     
attention ! La chique nuit à la santé.
 


extrait d'un interview de Stanley, la bonne foi du protestant  :
- Quelles chansons vous parlent le plus ?
- Je dirais : "man of constant sorrow", “Rank Stranger,” “Pretty Polly” et peut-être “Little Maggie.”
- Pourquoi celles-ci ?
- C'est celles que réclame le public ! (rires)
interview : http://www.blueridgecountry.com/faces/ralphstanley.cfm
 
1* un truc rapide au cas où : de la batterie ? c'est de la country. Banjo, mandoline, guitare, dobro, fiddle (violon) ? c'est du bluegrass.

2* le très bel extrait de Ronnie Lane que nous a fait découvrir DKelvin n'est autre qu'une reprise d'un très grand classique du bluegrass "Nine Pound Hammer".



Mis à jour ( Lundi, 11 Août 2008 12:23 )  

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