En 1987 The Art Ensemble Of Chicago sculpte en panoramique l'histoire de la musique noire, le temps d'un album intitulé Ancient To The Future. Dans l'ordre, Duke Ellington, Otis Redding , Bob Marley, Hendrix, et Fela Kuti sont honorés tour à tour par cette pâte d'or, souple , que souffle et bat l'ensemble. L' Art Ensemble a déjà parcouru bien du chemin depuis ses débuts fin 60's et c'est tranquillement que la troupe de Lester Bowie cannibalise à la suite avec volupté No Woman No Cry et Purple Haze . L'histoire des rapports entre Jazz et autres musiques noires est déjà passé par moult épisodes épiques ou tumultueux.




Le chant des guitares de Jack Rose tient d'une main tendre le blues et la country originelle mais se refuse à vivre décharné. Il est une mollesse pleine et un trop plein magique. Gorgé de douceur. Toutes ces notes, trop enveloppées, tu les grappilles avec volupté... pourtant toute sur-démonstration technique semble une idée si sotte en écoutant Jack Rose qu'on ne pourrait le soupçonner d'en jouer autrement que pour émouvoir et distordre amoureusement les temps du blues. La musique orientale y est sans doute pour beaucoup dans la sensation d'une temporalité légèrement modifiée, comme une altérité subtile de l'americana traditionnelle.
Depuis un ou deux ans des gens s'intéressent au Doom, Il fallait bien que ça arrive. l'Underground finit toujours par donner une petite montée de fièvre à un plus grand nombre en se délavant parfois des couleurs les plus extrêmes du spectre.